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Dietrich Buxtehude (1637-1707) Présenté le dimanche 1er avril à l'Abbatiale d'Aubazine.
Dietrich Buxtehude est originaire du Holstein, une région frontalière entre l'Allemagne et le Danemark. Il fut vraisemblablement initié à la musique par son père Johannes Buxtehude, un organiste de renom qui exerça pendant trente ans à Buxtehude (Allemagne), Hälsingborg (Suède) et Elseneur (Danemark). En 1668, Dietrich Buxtehude succède à Franz Tunder au prestigieux poste d'organiste de la Marienkirche de Lübeck. Cette ville est alors le phare du protestantisme luthérien et du commerce hanséatique et dotée d'un des plus beaux orgues d'Allemagne. En 1673, Dietrich Buxtehude instaure à Lübeck les "Abendmusiken" (musiques du soir), premiers exemples des concerts publics payants, pour lesquels il compose de nombreuses cantates et oratorios. Malheureusement, beaucoup de ces créations ont été perdues. Néanmoins, ce furent ces concerts qui établirent rapidement sa réputation de compositeur et d'organiste le plus fabuleux de son temps. Ils firent de lui un irrésistible aimant qui sut attirer à lui la reconnaissance et le respect de beaucoup de jeunes musiciens qui se rendirent à Lübeck pour le rencontrer, tels Nikolaus Bruhns, qui devint son plus prestigieux élève, G. F. Haendel, ou encore J. S. Bach, qui entreprit en 1705 son célèbre voyage à pied depuis Arnstadt. Aujourd'hui, Buxtehude doit sa renommée surtout à son œuvre pour orgue, la plus considérable de l'Allemagne du Nord et qui annonce celle de J. S. Bach. En 1680, Buxtehude composa un cycle de sept cantates baptisé Membra Jesu nostri patientis sanctissima humissima totius cordis devotione decantata, littéralement traduit "les très saints membres de notre Seigneur Jésus souffrant, chantés avec la plus humble dévotion de son cœur entier". Il le dédia à Gustav Düben, maître de chapelle du roi de Suède à Stockholm et assidu collectionneur des œuvres de son contemporain. Il s'agit d'une méditation en sept moments sur les plaies du Christ en croix, qui en un grand mouvement ascensionnel part de la terre (des pieds - ad pedes) pour s'élever vers le ciel (le visage - ad faciem) en marquant un temps particulier sur le cœur (ad cor) du Crucifié. Le texte de cette méditation est emprunté à un recueil de poèmes mystiques du 13ème siècle Salve mundi salutare, alors tout à fait en résonance avec la quête d'intériorité et de piété individuelle des luthériens au lendemain de la guerre de Trente Ans (1618-48). Chaque poème est introduit par un vers biblique adapté. Six proviennent de l'Ancien Testament - Zacharie, Isaïe, Nahum, Psaumes, et deux du Cantiques des Cantique - un du Nouveau Testament - 1er Epître de Pierre. La méditation s'appuie sur le corps meurtri du Christ pour s'élever vers la sérénité dans un mouvement d'ascèse d'une grande intensité émotionnelle. L'effectif requis - 5 chanteurs et guère plus d'instrumentistes - souligne encore ce recueillement profond et dépouillé. Par sa tendresse et sensibilité cette page de musique, ou plutôt cette musique de l'âme, est une des plus impressionnantes et touchantes du 17ème siècle. Buxtehude signa son œuvre par la devise luthérienne par excellence : Soli Deo Gloria - A Dieu seul la gloire ! A un demi siècle après Heinrich Schütz et un demi siècle avant J. S. Bach, Buxtehude incarne ainsi à merveille la transition entre le baroque allemand d'inspiration italienne et la synthèse de tous les styles baroques européens qu'opéra le Cantor de Leipzig. |
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Les polyphonies anglaises et françaises de l'an mil... et un meurtre mystérieux Présenté le 28 octobre à l'Abbatiale d'Aubazine
Ce programme pour quatre voix de femmes explore les polyphonies les plus archaïques connues dans l'Occident médiéval, pratiquées au Xe siècle à Winchester en Angleterre et à Fleury-sur-Loire, sous l'abbatiat du fameux Abbon, réputé par ses biographes d'être l'homme le plus cultivé de son temps.
Notées avec un système complexe de neumes qui ne permet pas une seule, mais plusieurs interprétations possibles, ces polyphonies auraient été condamnées au silence et à l'oubli, à cause de l'impossibilité de donner une solution définitive à leur transcription moderne. Leur reconstruction est proposée pour ce programme par la principale spécialiste internationale des polyphonies de Winchester, Susan Rankin de Cambridge (Angleterre) qui en prépare actuellement la publication. Or, c'est justement cette ambiguïté dans les traces écrites de ces polyphonies qui nous incite à nous consacrer à ce répertoire : dans ce programme, les chanteuses de "Dialogos" proposent une création musicale dans laquelle les musiques du Xe siècle dialoguent avec des improvisations dans le style des chantres médiévaux qu'Abbon aurait pu entendre dans son abbaye. Pourtant, les intellectuels qui vivaient à Fleury-sur-Loire et à Winchester étaient aussi des grands poètes ; quelques bijoux de leur production littéraire trouvent leur place dans notre programme : le poignant épitaphe d'Abbon, un récit narratif de la vie de saint St Swithun, une étrange prière contre la fièvre avec un goût presque païen, un poème acrostiche qui regorge de jeux de mots fulgurants à l'honneur de l'empereur Otton III... Dans une puissante vocalité de ces mélodies virtuoses, le concept de la "musique ancienne" devient presque paradoxal car les chants les plus archaïques sont interprétés à côté des reconstructions nouvelles dans un sfumato délicat et audacieux. Katararina Livljanic |
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Messe des Quatre-Temps de l'Avent (XIème -XIIème siècles) Présenté le 16 décembre à l'église de Varetz
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