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de Franz Joseph HAYDN (1732-1809) Présenté le dimanche 9 avril à l'Abbatiale d'Aubazine. L'empire des Habsbourg est au milieu du XVIIIe siècle la pièce centrale de l'Europe. Mosaïque de peuples, il est un immense creuset dont les terres irrédentes sont de perpétuels foyers d'agitation. Mais dans ce bouillonnement, les idées et les modes circulent sans limite, faisant de la capitale Vienne un véritable carrefour d'influences où viennent d'aboutir les découvertes et les conquêtes. Notamment sous le règne de Joseph II, un despote éclairé et raffiné, on assiste à une éclosion extraordinaire des arts. Franz Joseph HAYDN est depuis 1761 au service des princes de la famille Esterhazy qui veulent faire de leur Cour l'une des plus prestigieuse de l'Europe. Conscient de la valeur du Maître de Chapelle de la maison et de la renommée à en tirer, le prince Nicolas Josef Esterhazy dit le Magnifique, grand amateur de musique et fort cultivé, permet dès 1779 à Franz Joseph Haydn de vendre sa musique. En 1785, HAYDN reçoit la commande des "Sept dernières paroles du Christ en croix" par un Chanoine de Cadix en Espagne. Voici comment Franz Joseph HAYDN relate les circonstances de sa composition dans la préface de la version vocale de l'œuvre en 1801 : Il y a environ quinze ans, un chanoine de Cadix m'a demandé de composer une musique instrumentale sur les Sept Dernières Paroles du Christ en Croix. On avait alors l'habitude à la cathédrale de Cadix d'exécuter tous les ans, durant le Carême, un oratorio dont l'effet se trouvait singulièrement renforcé par les circonstances que voici. Les murs, fenêtres et piliers de l'église étaient tendus de noir ; seule une grande lampe suspendue au centre rompait cette sainte obscurité. A midi, on fermait les portes, et alors commençait la musique. Après un prélude approprié, l'évêque montait en chaire, prononçait une des sept Paroles et commentait. Après quoi, il descendait de la chaire et se prosternait devant l'autel. Cet intervalle de temps était rempli par la musique. L'évêque remontait en chaire et en descendait une deuxième fois, une troisième fois, etc..., et chaque fois, l'orchestre intervenait à la fin du sermon. J'ai dû dans mon œuvre tenir compte de cette situation. La tâche consistant à faire se succéder sans lasser l'auditeur sept adagios devant durer environ dix minutes n'était pas des plus faciles, et je réalisai bientôt qu'il m'était impossible de respecter les limites de durée qui m'avaient été fixées. Afin de toucher l'auditeur plus profondément par l'esprit du drame de la Passion, HAYDN complète le cycle par une introduction solennelle, et le conclut par un sombre Presto dont la violence traduit le tremblement de terre qui suit la mort du Christ. La version pour quatuor à cordes, écrite avec l'intention déclarée de mettre cette méditation sur la mort de Dieu à la portée de tous les foyers, constitue un des sommets de l'œuvre de HAYDN pour la formation qu'il affectionnait tout particulièrement. En effet, la sonorité pure et tranchante d'un quatuor à cordes convient parfaitement au dépouillement extrême du discours, à l'atmosphère de recueillement comme aux brusques irruptions de violence de la partition. Voici les premiers mots du texte latin de chaque Parole qui servent de base au thème initial du mouvement correspondant, en même temps que leur sens détermine le caractère de la musique : Introduction. Maestoso e adagio Première Parole Evangelium : Luc XXII, 33-34 - Pater, dimitte illis ; non enim sciunt quid faciunt (Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font) Deuxième Parole Evangelium : Luc XXIII, 39-43 - Hodie mecum eris in Paradisio (En vérité je te le dis : aujourd'hui tu seras avec moi au Paradis) Troisième Parole Evangelium : Jean XIX, 25-27 - Mulier, ecce filius tuus, et tu, ecce mater tua (Femme, voici ton fils, et toi, voilà ta mère) Quatrième Parole Evangelium : Matthieu XXVII, 45-47 - Eli, Eli, lama asabthani ( Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-Tu abandonné ?) Cinquième Parole Evangelium : Jean XIX, 28 - Sitio (J'ai soif) Sixième Parole Evangelium : Jean XIX, 29 - Consummatum est (Tout est accompli) Septième Parole Evangelium Luc XXIII, 44-46 - Pater ! in manu tuas commendo spiritum meum (Père ! je remets mon esprit entre tes mains) Tremblement de Terre. Presto e con tutta la forza |
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de Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759) Oratorio en trois parties, sur un livret issu de la Bible, compilé par Charles Jennens, créé à Dublin le 13 avril 1742 Présenté les 16 et 17 septembre à l'Abbatiale d'Aubazine
La destinée cosmopolite de ce compositeur, né en Allemagne mais naturalisé anglais en 1726, paraît jusque dans les orthographes successives de son nom : Händel en Allemagne, Hendel en Italie et Handel en Angleterre.
En 1702, Haendel (orthographe française) est organiste dans sa ville natale Halle en Saxe, en 1703, il devient claveciniste à l'Opéra de Hambourg. Après un voyage à Lübeck à la rencontre du maître Buxtehude, il revient à Hambourg et commence à écrire ses premiers opéras. Cette nouvelle orientation l'incite à partir pour l'Italie où il rencontre Corelli, Pasquini, Alessandro et Domenico Scarlatti et se met à l'école du bel canto. En 1710, il devient Kapellmeister de l'électeur de Hanovre, mais déjà un an plus tard, il demande à son employeur un congé pour répondre à l'invitation des Anglais. Il part conquérir Londres. En 1714 meurt Anne Stuart. L'électeur de Hanovre devient roi d'Angleterre sous le nom de George Ier, et... retrouve son maître de chapelle qui avait beaucoup prolongé son congé. En Angleterre, Haendel connaît alors une longue période prospérité, mais vers 1740 rencontre des difficultés financières majeures. La cinquantaine passée, il sait qu'il doit renoncer à son rêve d'imposer aux Anglais l'opéra à l'italienne. D'ailleurs, depuis quelques années déjà , il explore une voie nouvelle, l'oratorio. Mais de retour à Londres, la présentation achoppe à l'hostilité d'un public qui est choqué d'entendre des textes sacrés au théâtre. Il s'enclenche comme une sorte de cabale dévote pendant quelques années. Ce n'est qu'à partir de 1750 que les choses s'arrangent vraiment lorsque Haendel associe son chef-d'œuvre à une des plus populaires fondations charitables de Londres et dirige lui-même les exécutions. Le tout Londres se presse maintenant à ses concerts. Du vivant du compositeur, Le Messie est donné trente six fois et l'œuvre assure à son auteur un statut presque légendaire. Elle est devenue rapidement très connue dans le monde musical anglo-saxon et germanique des deux côtés de l'Atlantique. La première représentation à Paris est en 1873. Ce n'est pas un franc succès. Cela tient sans aucun doute au fait qu'il n'y a pas de médiation culturelle entre le texte sacré et l'auditeur. Il faut se souvenir que l'œuvre a été créée dans un pays où la lecture de la Bible est un exercice quotidien. Chaque récitatif, chaque aria, chaque chœur est tout de suite perçu comme un message familier. L'auditeur le saisit dans son contexte spirituel précis, et même la musique se transforme naturellement pour lui en prière. Le Messie relève autant des règles du théâtre - par l'agencement des textes de l'oratorio, même s'il n'y a pas de héros central et unique dans l'œuvre et que le Christ n'est pas présent d'une manière directe - que de la liturgie. Les textes utilisés appartiennent presque exclusivement aux prophètes, à saint Paul, au saint Jean de l'Apocalypse. Mais contrairement aux passions luthériennes, qui traitent de l'aventure humaine du Christ souffrant, Le Messie est plutôt une méditation religieuse sur l'intervention dans la vie de l'homme du Dieu rédempteur. L'œuvre se divise en trois parties. La première nous dit l'ordre de Dieu. Elle culmine sur l'image de la Nativité. A cette partie, où règne la paix et la douceur et qui est tirée du prophète Isaïe et de l'Evangile selon Luc, succède une seconde partie toute de violence. Fondée sur les Lamentations de Jérémie et les Psaumes, elle nous parle de l'indicible douleur du Christ sacrifié, de l'ordre de Dieu refusé. Cette partie centrale de révolte et de combat culmine sur un cri de victoire, le célèbre "hallelujah". Elle est suivie par une réflexion sur le rôle rédempteur du Christ, basée sur les textes de saint Paul. Cette "œuvre sublime" (c'est Johann Wolfgang von Goethe qui parle) est un immense sermon et un acte religieux au sens le plus profond du terme. |
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Les polyphonies anglaises et françaises de l'an mil... et un meurtre mystérieux Présenté le 5 novembre à l'Abbatiale d'Aubazine
Ce programme pour quatre voix de femmes explore les polyphonies les plus archaïques connues dans l'Occident médiéval, pratiquées au Xe siècle à Winchester en Angleterre et à Fleury-sur-Loire, sous l'abbatiat du fameux Abbon, réputé par ses biographes d'être l'homme le plus cultivé de son temps.
Notées avec un système complexe de neumes qui ne permet pas une seule, mais plusieurs interprétations possibles, ces polyphonies auraient été condamnées au silence et à l'oubli, à cause de l'impossibilité de donner une solution définitive à leur transcription moderne. Leur reconstruction est proposée pour ce programme par la principale spécialiste internationale des polyphonies de Winchester, Susan Rankin de Cambridge (Angleterre) qui en prépare actuellement la publication. Or, c'est justement cette ambiguïté dans les traces écrites de ces polyphonies qui nous incite à nous consacrer à ce répertoire : dans ce programme, les chanteuses de "Dialogos" proposent une création musicale dans laquelle les musiques du Xe siècle dialoguent avec des improvisations dans le style des chantres médiévaux qu'Abbon aurait pu entendre dans son abbaye. Pourtant, les intellectuels qui vivaient à Fleury-sur-Loire et à Winchester étaient aussi des grands poètes ; quelques bijoux de leur production littéraire trouvent leur place dans notre programme : le poignant épitaphe d'Abbon, un récit narratif de la vie de saint St Swithun, une étrange prière contre la fièvre avec un goût presque païen, un poème acrostiche qui regorge de jeux de mots fulgurants à l'honneur de l'empereur Otton III... Dans une puissante vocalité de ces mélodies virtuoses, le concept de la "musique ancienne" devient presque paradoxal car les chants les plus archaïques sont interprétés à côté des reconstructions nouvelles dans un sfumato délicat et audacieux. Katararina Livljanic |
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de Jean-Sébastien BACH ( 1685-1750) Présenté le 17 décembre à l'église de Varetz
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