MUSIQUE ANGLAISE à L'AUBE DE LA RENAISSANCE
Magnificat, motets, antiennes et chansons

de John DUNSTABLE


Présenté le vendredi 8 avril à l'Abbatiale d'Aubazine.
Du lundi 4 au vendredi 8 avril, le programme sera travaillé en l'abbatiale d'Aubazine. Les répétitions sont ouvertes au public.



Présentation du programme par l'ensemble MUSICA NOVA :

John DUNSTABLE (vers 1390-1453) reste à ce jour un musicien peu connu à la fois du milieu musical professionnel et du grand public comme l'attestent les rares enregistrements qui lui sont consacrés. Dès que nous avons pris conscience de la qualité exceptionnelle de sa musique, nous avons commencé à insérer dans nos programmes quelques uns de ses motets. Très vite nous nous sommes rendus compte qu'un large public était sensible au charme particulier émanant de l'univers quasi intemporel de la musique de Dunstable. Ainsi naquit notre ambition de contribuer à la re-connaissance d'un des plus "grands" musiciens de son époque.

Parler de John Dunstable c'est d'abord parler de "rencontres" et d'influences. En travaillant à la préparation de l'enregistrement des motets de Dufay, nous avons découvert que la plupart de ceux de Dunstable se trouvaient dans le même manuscrit, conservé à la Bibliothèque de Modène. Plus tard nous verrons que les manuscrits de Trento contiennent également de nombreuses pièces des deux compositeurs Dufay et Dunstable.

Les témoignages littéraires existants nous renseignent sur l'influence effective de Dunstable auprès des compositeurs continentaux. Cette influence anglaise aurait été l'ultime contribution à l'élaboration d'un nouveau style annonçant la Renaissance. La renommée du compositeur est constatée un quart de siècle après sa mort dans un manuscrit d'orgue conservé à Munich, le "Buxheimer Orgelbuch", où figurent quelques pièces mises en tablature. Ces deux manuscrits que nous avons fait reproduire en microfilm constituent les sources principales de notre programme.

La confrontation entre ces deux sources nous a conduit tout naturellement à rapprocher deux mondes encore trop éloignés, la voix et l'orgue. Ce rapprochement s'est concrétisé avec la rencontre de deux jeunes organistes espagnols passionnés par ces répertoires. Désireux de mettre en commun nos recherches, nous voulons donner aux musiques de Dunstable une dimension universelle, par la multiplicité des timbres, des jeux...
Redonner à la voix sa fonction organique, à l'orgue sa capacité à reproduire la voix, s'impose à nous par l'influence de Dunstable. La "contenance anglaise" ne nous permet-elle pas de mesurer aujourd'hui combien nous nous influençons les uns les autres ? Une grande partie des œuvres au programme sont des motets isorythmiques dédiés aux saints et aux martyrs de la chrétienté (saint Jean-le-Baptiste, sainte Catherine...).


 John Dunstable (v. 1390-1453) est un compositeur anglais du début de la Renaissance. Les données biographiques sont très limitées mais on pense qu'il serait entré au service du duc de Bedford avant 1427, ayant peut-être voyagé avec lui quand il était régent de France (1422-1429), puis il travailla pour la reine Jeanne de Navarre (1427-1436) et pour Henri, duc de Gloucester (v. 1438). Son épitaphe dit de lui qu'il était "prince de la musique, mathématicien et astronome !".
Ce que l'on connaît de son œuvre est essentiellement constitué de musique sacrée pour trois ou quatre voix, notamment des motets, des mouvements de musique liturgique et peut-être deux des tout premiers cycles Rex seculorum et Da gaudiorum premia.
La technique médiévale de l'isorythmie (la superposition de structures rythmiques et mélodiques qui se répètent) et le plain-chant furent des outils d'unification souvent employés par le compositeur. La musique de Dunstable incarne le style euphonique que Martin le Franc appelle la contenance angloise, tant louée par le théoricien Tinctoris. Il s'agit d'un style qui affectionne un mouvement parallèle en tierces et en sixtes, des mélodies sur des accords parfaits et des harmonies consonantes.
Les œuvres de John Dunstable eurent une renommée internationale et une influence profonde sur certains compositeurs du début de la Renaissance, tels les Bourguignons Guillaume Dufay et Gilles Binchois.




FIN'AMOR ET CHANT MARIAL
Le Limousin - berceau des troubadours



Concert présenté le vendredi 8 juillet à l'abbatiale d'Aubazine


Au XIIe siècle le culte marial est bien installé en Occident. C'est alors que les troubadours créent avec la fin'amor, une conception occidentale de l'amour restée valable jusqu'à nos jours. L'imaginaire de cet amour est fondé sur la structure politique de la féodalité. La fin'amor est un amour à la fois sublimé et courtois, elle s'adresse à une dame d'un rang supérieur, le plus souvent mariée, très belle et si vertueuse qu'elle en devient inaccessible. Le parallèle avec la Vierge est manifeste.

Cette lyrique courtoise, qui s'étend rapidement en Angleterre et en Europe centrale, a des origines multiples. Elle puise notamment dans la poésie iranienne et arabo-andalouse, transmise par l'Espagne musulmane. La forme musicale est issue des monastères, plus particulièrement de la très active abbaye Saint-Martial de Limoges. Les instruments utilisés sont pour l'essentiel ceux apportés par les musulmans en Espagne.

Le plus important représentant de cette nouvelle poésie de la subjectivité et du moi souffrant est le troubadour Bernart de Ventadour, né au château de Ventadour en Corrèze. De son homologue allemand, le Minnesänger Walther von der Vogelweide, sera interprété la Chanson de Palestine (sur le retour de la 6ème Croisade de 1228) dont chaque strophe est chantée sur la mélodie imitée de la chanson "Lanquam li jorn sont lonc en may" (Lorsque les jours sont longs en mai) de Jaufré Rudel, prince de Blaye, également au programme. Au centre de ce concert seront placées quelques pièces traditionnelles et sacrées de l'Orient qui permettent de se rendre compte de la grande parenté sonore qui existe entre la musique orientale et occidentale au Moyen Age.




MUSIQUE SACRÉE ANCIENNE ET CONTEMPORAINE
pour les Journées du Patrimoine



Présenté le 18 septembre à l'Abbatiale d'Aubazine


Textes du passé, musiques d'aujourd'hui, croisement de cultures espagnoles, anglaises et françaises, le programme des Journées du Patrimoine est construit autour de la création de la pièce pour voix et instruments "Suspiros" de Vincent Paulet, œuvre que le compositeur a écrit lors de sa résidence à la Casa Velasquez, en Espagne (1994-1996) et qu'il a dédié à Joël Suhubiette et son chœur de chambre "Les Eléments", qui a été nominé en 2004 pour les Victoires de la musique classique comme l'un des trois meilleurs ensembles français.
"Suspiros" est écrite sur des poèmes mystiques du "Cancionerio espiritual de Valladolid" (1549), ce qui a conduit le dédicataire Joël Suhubiette à compléter le programme de musique contemporaine par une autre pièce inspirée d'un texte mystique du XVIe siècle mais de culture anglaise, "Lauds" du compositeur anglais Jonathan Harvey.

Afin de mettre musique ancienne et musique contemporaine en regard, deux œuvres françaises de l'époque baroque ouvrent le programme, la "Messe des morts à 4 voix" que Marc-Antoine Charpentier composa dans la tradition contrapuntique du premier XVIIe siècle, et le motet "Laboravi" de Jean-Philippe Rameau. Ce motet écrit sur un texte du psaume 68, chanté notamment pour l'office des Ténèbres, fut publié par Rameau dans son "Traité de l'harmonie" pour illustrer son propos sur l'idéal fugué.




FRAGMENTS POUR LA FIN DES TEMPS


Présenté le 30 octobre à l'Abbatiale d'Aubazine


Ce programme présente des chants du haut Moyen Age, écrits en partie en ancien haut allemand, comme les extraits de "L'Harmonie des Evangiles" d'Otfrid von Weissenburg, l'adaptation musicale sur un fragment de l'Apocalypse de Muspilli, ou encore la lamentation sur la mort de Charlemagne. Ces œuvres du IXe siècle sont ponctuées de séquences en latin dans la tradition de Notker (moine de l'abbaye Saint-Gall en Suisse au IXe s.) et d'interludes pour flûte sur des sequelae (séquences sans texte) dont les titres laissent supposer un emploi antérieur séculier.
Le programme franchit le millénaire avec la prophétie de la Sybille d'Erythrée chantée dans les abbayes d'Aquitaine pour la Fête des Enfants Innocents.




MUSIQUE FRANÇAISE POUR LE TEMPS DE NOËL
DES XVIIème ET XVIIIème SIÈCLES



Présenté le 18 décembre à l'église de Varetz


Jean-Jacques Rousseau donnait, en 1768, dans le Dictionnaire de Musique la définition suivante des "Noëls anciens et nouveaux" :

"Les Noëls sont des sortes d'air destinés à certains cantiques que le peuple chante aux fêtes de Noël. Les airs des Noëls doivent avoir un caractère champêtre et pastoral convenable à la simplicité des paroles, et à celle des bergers qu'on suppose les avoir chantés en allant rendre hommage à l'enfant Jésus dans la crèche."

Le concert autours d'airs de Noël composés au XVIe et XVIIIe siècles présente une formation instrumentale originale constituée des flûtes, basson, orgue, cornet et serpent. Ces instruments, dont certains sont peu connus actuellement, ont eu leurs heures de gloire au siècle de Louis XIV dans l'accompagnement de la voix, celle du baryton Thomas van Essen dans le concert.
Le programme offre un tour d'horizon de Noëls de différentes régions de France, compilés dès le XVIIIe siècle par le célèbre éditeur de la musique d'alors, Ballard. Ainsi les chants de Noëls anciens, nouveaux, provençaux... alterneront avec des pastorales instrumentales de Michel Corrette et Marc-Antoine Charpentier et le très populaire Concert pour la nuit de Noël de Corelli dans une diversité de couleurs sonores instrumentales et vocales.